Les raisons de placer un proche en gériatrie

208
Partager :

Placer un proche en gériatrie est une décision souvent complexe et chargée d’émotions. Elle s’ancre dans la nécessité de répondre aux besoins croissants de soins médicaux et d’assistance que la famille ne peut plus fournir seule. Cette étape peut être motivée par des raisons médicales telles que la progression de maladies dégénératives, la fréquence accrue de chutes ou de troubles cognitifs nécessitant une surveillance constante. Elle peut aussi découler d’un besoin d’interaction sociale et d’activités adaptées pour contrer l’isolement. C’est un choix difficile qui implique de trouver un équilibre entre bien-être et sécurité.

Les critères déterminants pour le placement en gériatrie

Consentement de la personne âgée : La loi est claire, la personne âgée doit consentir à son placement en établissement spécialisé. Que la décision émane d’un choix personnel ou d’une recommandation médicale, le respect de la volonté de nos aînés prévaut. Le médecin traitant, souvent au centre de la démarche, se doit de requérir cet accord après avoir évalué la situation avec la personne concernée et sa famille.

État de santé et autonomie : Le niveau de dépendance et les problèmes de santé liés à l’âge sont des facteurs prédominants. Lorsque le maintien à domicile n’apparaît plus sécurisé ou que les besoins en soins dépassent les capacités des aidants, le placement en maison de retraite ou en service de gériatrie peut se justifier. Les chutes répétées, la perte d’autonomie ou des troubles cognitifs sévères comme la maladie d’Alzheimer commandent souvent cette transition.

Choix de l’établissement : Le choix de la maison de retraite ou du service de gériatrie doit s’adapter aux besoins spécifiques de la personne âgée. Les structures varient selon les soins proposés, l’accompagnement et les activités disponibles. Il faut évaluer avec le gériatre ou le médecin traitant, quel établissement répondra au mieux aux exigences de la situation de santé de la personne âgée.

Prise en charge financière : La question économique influence aussi la décision. La Sécurité Sociale et les complémentaires santé participent au financement des frais de gériatrie selon les cas. La possibilité de bénéficier de l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA) ou d’autres aides peut alléger le poids financier et orienter le choix vers une solution adaptée à la fois aux besoins de la personne âgée et à sa situation économique.

personne âgée

Les implications légales et émotionnelles du placement d’un proche

Consentement et protection juridique : Le placement d’un proche en établissement gériatrique ne se conçoit pas sans une attention particulière aux aspects légaux. Le consentement de la personne âgée dépendante revêt une importance capitale, à moins que son état de santé ne lui permette pas d’exprimer sa volonté. Dans ce cas, le représentant légal ou, à défaut, le juge des tutelles peut être amené à statuer sur le placement. La médiation familiale peut aussi offrir un cadre pour surmonter les dissensions et aboutir à une décision concertée, respectueuse des intérêts de la personne âgée.

Impact émotionnel du placement : Au-delà des considérations juridiques, le placement en maison de retraite ou en EHPAD touche profondément la sphère affective des personnes impliquées. Pour le proche âgé, quitter son domicile peut signifier une perte de repères et d’autonomie, tandis que pour la famille, cela peut induire un sentiment de culpabilité ou de deuil anticipé. Les professionnels de santé, conscients de ces enjeux, jouent un rôle de soutien et d’accompagnement au cours de cette transition.

Soutien à domicile et alternatives : Avant de prendre la décision du placement, les options de maintien à domicile méritent d’être explorées. Les aides à domicile, soutenues par des dispositifs comme l’Allocation Personnalisée d’Autonomie (APA), peuvent permettre à la personne âgée de conserver un certain niveau d’indépendance. Le Conseil départemental et le Centre Communal d’Action Sociale (CCAS) sont des interlocuteurs de premier plan dans la gestion de ces aides. Toutefois, lorsque la perte d’autonomie devient trop contraignante, le placement en structure adaptée peut s’avérer être la solution la plus adéquate pour garantir la sécurité et les soins nécessaires.

Partager :